vendredi 10 mars 2006

Tarte à la mélasse et aux patates douces ou Shoo-fly Pie pervertie (avec ou sans gluten)

La shoo-fly pie est entrée dans le patrimoine historique des Etats-Unis. Quelle reconnaissance pour ce dessert, créé dans des cuisines aux placards semi-vides, au sud-est de la Pennsylvanie ! L’histoire raconte que, au 18ème siècle, des communautés Amish et Mennonites, émigrées d’Allemagne et de Suisse, traversèrent l’Atlantique avec, dans leurs bagages, des denrées suffisamment impérissables pour supporter leur long périple (farine, sucre, mélasse, épices, sel…). Elles débarquèrent sur le sol américain en automne et durent puiser dans leurs provisions en attendant les prochaines récoltes. C’est dans ce contexte que naquit la Shoo-fly pie, au nom resté énigmatique (on suggère que cette tarte devait attirer les mouches tandis qu’elle refroidissait…). Une tarte à la mélasse, parfois épicée, de temps à autre glacée de chocolat, et souvent accompagnée d’un crème fouettée, bref, un régal !
J’ai eu envie de la combiner avec une autre tarte, elle aussi américaine, la Sweet Potatoes Pie, originaire du sud des Etats-Unis et traditionnellement préparée lors de la Thanksgiving, au moment des récoltes de la patate douce. La mélasse s’associe si bien avec les épices et la patate douce, pourquoi séparer ces ingrédients ?
En France, à ce que je sache, la mélasse s’achète principalement en magasins bio et diététiques. Il s’agit d’un résidu de raffinage du sucre issu de la canne à sucre. Elle est très riche en minéraux, dont le fer. Plus votre mélasse sera noire et présentera une saveur prononcée, plus elle sera concentrée en éléments nutritifs.

Ingrédients
Une pâte brisée avec ou sans gluten (j’ai pris la pâte brisée à l’épeautre et aux amandes, donc avec gluten)
200 g de patates douces
125 g de mélasse
100 g de sucre complet (j’ai pris du rapadura)
50 g de farine de riz
1 cuiller à soupe d’arrow-root (ou d’une autre fécule, maïzena par ex.)
1 dl de lait végétal (j’ai pris du lait de riz)
3 cuillers à soupe d’huile de tournesol (de préférence non hydrogénée)
1 cuiller à café de cannelle en poudre
¾ de cuiller à café d’épices à pâtisserie en poudre
½ cuiller à café de poudre levante (de préférence sans aluminium, ni phosphate)

Préparation
Préchauffez, 10 minutes, la pâte brisée à 160°C.
Faites cuire à la vapeur la patate douce épluchée (1/4 d’heure environ).
Dans un saladier, mélangez le sucre, la farine de riz, l’arrow-root, les épices et la poudre levante. Ajoutez la patate douce écrasée et tournez avec une cuiller.
Dans un bol, mélangez la mélasse, le lait végétal et l’huile. Versez dans le saladier, et mélangez le tout, sans battre la pâte.
Etalez sur la pâte brisée et faites cuire une demi-heure à four moyen.
Vous obtiendrez une tarte fine, légère et très parfumée. A servir tiède comme froid. Je n’ai pas jugé bon de l’accompagner avec une crème fouettée car elle se suffisait très bien à elle-même.

Variantes
Remplacez la patate douce par de la carotte, du potiron ou de la betterave. A mon avis, cela devrait être réussi…
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9 commentaires:

Papilles et pupilles a dit…

J'adore la mélasse. Je m'en sers pour des cookies surtout. Il faut que j'essaie de faire une tarte :)

Fabienne a dit…

J'utilise régulièrement de la mélasse et ta recette de tarte me tente beaucoup ...

julie a dit…

Je ne connaissais pas du tout cette recette. Pas mal!

Caroline a dit…

Oui, j'aime beaucoup cette recette et j'ai eu beaucoup de plaisir à lire cette petite histoire culinaire historique.
A bientôt

Mimosa a dit…

sympa cette perversion! merci pour la petite histoire!
pour moi shoofly pie c'est avant tout le nom d'une chanson de...arff trou de mémoire mais ça me reviendra...!

Anonyme a dit…

Bonjour,
Pouvez-vous me dire où l'on peut acheter de la mélasse de betterave, en France, s'il vous plaît ?

http://fr.360.yahoo.com/moi_francoise_f

Virginie a dit…

Je l'ignore. Celle que j'achète est issue de canne à sucre, et je me la procure en magasin bio.
Bonne visite !

Sweet Faery a dit…

Mmm, mélasse et patate douce : deux ingrédients que j'adore. Tu as raison pour le nom de cette tarte : à cause de l'arôme fortement sucré, elle attirait les mouches, que l'on devait repousser (verbe shooe : chasser).

Virginie Péan a dit…

Merci pour cette précision. C'est marrant que cette tarte ait connu un tel succès malgré son nom. La tarte "chasse-mouche", je trouve ça moyennement attirant : difficile d'oublier q'elle attire les mouches avant qu'on les chasse. Une tarte à préparer en hiver, donc.