Quand je suis devenue végétarienne (et plus encore végétalienne), je ne me suis pas interrogée uniquement sur la nourriture. Les animaux sont utilisés pour leur chair (par exemple la suif, squalane) ou pour ce qu’on appelle leurs sous-produits (par exemple lactose, lanonine), afin d'élaborer des cosmétiques, produits ménagers, colles, pellicules photo argentiques, etc. Et ceci sans évoquer les innombrables tests que l’on effectue sur eux dans le but principal, pour les firmes, d’obtenir une autorisation sur le marché de leurs produits. Des tests qui se révèlent par ailleurs d’usage obsolète médicalement, et terriblement coûteux en souffrance et vie pour les animaux, comme en argent à proprement parler (pour plus d’informations à ce sujet, voir le très bon site
Stop vivisection ).
Depuis quelques années, les consommateurs et consommatrices s’interrogent de plus en plus sur ce qu’ils achètent ; leur confiance en les industriels s’est progressivement émoussée, pour des raisons diverses (qualité des ingrédients, impact sur l’environnement et la situation économico-sociale des pays importateurs de matières premières, répercussion sur la santé…). Le marché réagit aussitôt, comme à son habitude, pour épouser les tendances de la consommation. Avez-vous remarqué ce bourgeonnement sur le marché de produits à étiquettes dites vertes, de mentions « bio » dans l’étiquetage etc. Regardez-y de plus près pour y trouver l’erreur… Entre le marketing et les compositions réelles des articles, il y a souvent un monde... De même, les tests se multiplient pour vérifier les degrés de toxicité des composants ; au bonheur des humains, au malheur des animaux, si on ne prend pas le soin d’imposer des tests alternatifs (voir les
enjeux du projet REACH, et ses heureux
aboutissements).
Me positionnant contre l’exploitation des animaux en général, je suis en même temps impliquée contre celle des humains. Question de logique. J’ai donc pris l’habitude de boycotter tel produit pour ses tests sur les animaux, tel autre pour les proximités politiques de l’entreprise, tel autre encore pour ses composants nocifs pour l’environnement, etc. Personne n’est parfait dans cette pratique. J’essaie de faire pour le mieux, selon mes besoins, limites personnelles et choix sur le marché. L’idée de réaliser soi-même ses cosmétiques est une bonne alternative pour formuler des produits éthiques et écologiques, des crèmes, baumes et shampooings qui nous correspondent. Contrairement aux discours publicitaires, on ne peut attendre de miracles des cosmétiques ; le corps se suffit d’un entretien simple (lavage, hydratation, nourrir, éventuellement désinfecter… ). Les dits principes actifs à l’action magique ne sont que mythes entretenus pour augmenter les ventes (voir le livre de Rita Stiens, La vérité sur les cosmétiques). Aussi, les produits maison ne sont pas plus mauvais que ceux coûteux, de marque de couture ou pharmaceutique, même s'ils ne possèdent pas de poudre de plantes miracles, de liposomes, et autre composant dernier cri, aux vertus mirobolantes. Il semblerait même qu'ils soient meilleurs, à condition de les formuler avec soin.
Après quelques années de cosmétiques maison, j’ai repris mes réflexes de consommatrices, en achetant certains cosmétiques bio, par facilité, par lassitude aussi (il faut dire que je variais peu mes formules…). Là encore, le livre de Rita Stiens, m’a beaucoup aidée pour décortiquer les compositions et choisir les produits qui me convenaient le mieux sur le marché, sans me faire avoir par le discours-marketing. Et puis cette année, j’ai découvert l’univers des blogs, et la galaxie du
Fil vert. Que de recettes à essayer pour le corps mais aussi l’entretien de sa maison : des tambouilles de
Poésie, aux
savons de Noël de Hooly, en passant par les produits ménagers de la très compétente
Raffa … J’ai eu envie de m’y remettre. Dernièrement, Hooly a publié un livre, en collaboration avec la journaliste Hélène Baron :
Cosmétiques naturels, Conseils et recettes plaisir pour préserver sa santé au quotidien. Un livre que je vous conseille sans modération. Pourquoi ?
- Par rapport à d’autres livres auxquels je me suis référée pour mes produits maison, celui-ci m’a étonnée par son positionnement : réaliser ses cosmétiques pour s’inscrire dans une consomm’action.
- Les recettes sont très bien expliquées et abordables aux novices comme aux expert(e)s es cosmetus. Un excellent rapport qualité/prix (j’ai comparé par exemple pour la crème/huile du matin entre produit fini et maison, tous deux à base d’ingrédients bio : faire soi-même revient à diviser le prix par deux).
- Toutes les garanties sont précisées pour éviter de vous mettre en danger dans vos expérimentations d’apprenti(e) sorcier(e).
- Une approche ludique, pétillante : les recettes sont annoncées avec bonne humeur, leurs intitulés sont amusants et/ou poétiques… On se sentirait presque en Spa rien qu’en lisant le bouquin.
- Hooly maîtrise son sujet et a un vrai don créateur. Rosée hydratante au thé vert, Body bar sensuelle à l’ylang, Sorbet coco pour la peau, Boue lavante pour les cheveux, Sels de bain Earl Grey à la bergamote, Dentifrice du Chat du Cheshire, Huile riche pour jolies griffes, Huile de massage pour petit korrigan, Parfum L’envol du Phénix, Savon Plaisirs de vétivier au pamplemousse… Que vous dire de plus ? Les noms parlent d’eux-mêmes.
Je ne saurais vous conseiller de vous faire cadeau de se livre, ou de vous arranger pour qu’on vous en fasse cadeau, d’en parler et de le prêter à l’envi, de demander à votre Bibliothèque de l’insérer dans ses rayons... Et pour vos réflexions, questions, commentaires post-lecture, un blog vient d'être créé juste pour l'occasion :
Epiblog.
Et pour finir, quelques idées testées et hautement, agréablement approuvées :
Huile bi-phasique pour les yeux et Huile « Plaisir du matin » (photo ci-dessus)
Bain drainant à la Bretonne (j’ai remplacé les paillettes d’algues par de la boue marine de St-Michel, et les Huiles essentielles de pamplemousse et cyprès par celle de citron : et oui, pour la venue des vacances, je me suis fait une vraie thalasso à domicile…)
La recette du
Bain pour Panthère rose voluptueuse m’avait beaucoup att

irée. Mais n’ayant pas trouvé d’argile rose, je me suis rabattue sur de l’argile jaune. Du coup, j’ai modifié le bouquet d'huiles essentielles, pour harmoniser senteurs et couleur.
Grosse déception : le jaune était tendance grisonnant, et j’ai obtenu un
Bain pour Pikachu d’égout. Par contre, l’odeur me plaisait bien : à la fois tonique et reposante.
J’ai donc réessayé avec de l’argile blanche, pour un bain tout en blanc. Et là c’était nickel ! Voici la recette (l’idée du
Bain pour Panthère rose est là, mais les ingrédients sont tous changés)
Ingrédients
4 cuillers à soupe d’argile blanche en poudre ou koalin
(j’ai doublé les doses)
2 cuillers à café de beurre de karité
4 gouttes d’huile essentielle de magnolia
3 gouttes d’huiles essentielle de gingembre
2 gouttes d’huile essentielle d’encens
1 goutte d’huile essentielle de citron
facultatif : quelques fleurs de géranium blanc, que l’on aurait pu remplacer par des pétales de magnolia
PréparationFaites couler un bain chaud, et versez-y l’argile. Ramollissez le beurre de karité (en cette saison, il apparaît en pommade), mélangez-le aux huiles essentielles dans un petit récipient. Remuez bien l’eau du bain pour mélanger l’argile à l’eau et ajoutez le beurre de karité aromatisé (il va fondre au contact de l’eau chaude). Au moment de plonger dans le bain, parsemez sa surface de quelques fleurs de géranium (facultatif).
Ironie du sort, le jour où je me suis prélassée dans ce bain, j’ai trouvé par hasard cette fameuse argile rose.